On reprend ailleurs :)

Nouvelle ville, pleins de changement, je change l’hébergeur de mon blog!!

Je suis en plein “réaménagement” de blog… Néanmoins, vous retrouverez mes anciens articles à cette adresse :

http://salwammm.wordpress.com/

Un peu de patience et dans quelques jours, je mets à jour une nouvelle disposition, des couleurs, je remettrai ma bibliothèque de liens, et tutti qanti…

Envie de changement, j’vous dis ;)

Bien à vous et merci à Bébévallée qui m’a permis de m’exprimer pendant près de 4 ans!!!


Arguments rabâchés

Je me ballade souvent sur la toile, de blogs en blogs… Je lis des articles qui me passionnent ou qui me révoltent, je lis des commentaires qui me questionnent et me remettent en question… Je lis, je dévore.
Et je voyage, assise sur mon canapé.

Récemment, j’ai lu un article d’une maman ayant eu des césariennes d’urgence… et qui se sentait mal à l’aise devant les récits d’accouchement à la maison. Dans les récits d’AAD, on retrouve souvent le leitmotiv “trop médicalisé”, “trop aseptisé”, “pas assez intime”. Elle disait qu’elle, elle n’avait pas eu le choix, et qu’elle ne se plaignait pas.
J’avais donc répondu à son article, en disant qu’effectivement, c’est malheureux quand on n’a pas le choix. Par ailleurs, ce n’est pas pour autant qu’on ne devrait pas faire bouger les choses, lorsque l’on a ce choix.

Un commentaire vient d’être posté, à l’instant. En réponse à cet article. Même pas en réponse à mon commentaire, hein. En réponse à l’article même… Un commentaire d’une sage-femme. Une sage-femme bossant, vraisemblablement à l’hôpital, pour parler ainsi. Formater à l’école de sage-femme… (Je me souviens sans cesse de Carole qui me répétait : “à l’école, on te formate… toi, seule dans ton lit, le soir, tu tentes de te déformater… parfois, c’est très dur.”
Une sage-femme, donc, qui vient à nouveau diaboliser l’AAD, comme savent le faire si bien d’autres médecins (en particulier, pas mal de gynéco…), avec les arguments, vus, revus et rerevus…
(Comme dirait une amie très chère : mâchés et remâchés…)
Hémorragie de la délivrance, dystocie des épaules, et j’en passe…

Comment leur faire comprendre que la plupart du temps, les soucis de ce genre n’arrivent que par surmédicalisation de l’accouchement?

Sans aller dire qu’il n’y a jamais AUCUN problème quand l’accouchement se déroule naturellement, il faut avouer qu’il y en a moins.

Les hémorragies de la délivrance, ça arrive, à la maison aussi, oui. Je connais une maman pour qui s’est arrivé. Sauf que… J’ai connu une vieille dame qui a eu deux filles. Ses deux filles sont décédées d’hémorragie… à l’hôpital. Prôner la sécurité à l’hôpital, ça me fait doucement rigoler.
La plupart des hémorragies de la délivrance arrivent à cause de l’ocytocine de synthèse que l’on a injecté juste avant l’expulsion, ou juste avant la délivrance (car le placenta ne sortait pas après les “20 minutes réglementaires”). Quand une maman est sous péridurale, elle est d’autant plus candidate à une injection d’ocytocine… Alors que dans un accouchement “naturel”, on n’a pas de perfusion, ni de moyen d’injecter de l’ocytocine en fin de naissance…

Pour la dystocie des épaules, les manoeuvres à faire sont connues des SF AAD (et d’autant plus qu’elles ne sont pas assurées, malgré elles!)…

On nous parle de risques, on nous traite de capricieuses, d’égoïstes, de n’en faire qu’à notre tête. On nous reproche de “cracher” sur le système qui nous apporte taaaaaaaaaaant de confort et de sécurité… Et comme toujours, on balance les spectres des risques d’un accouchement. Accoucher, c’est dangereux… Si on ne le savait pas, on nous le martèle de force dans la tête.

Comment, comment… Avec toute la sécurité qu’on nous propose, on ose encore se mettre en danger???
Par moment, j’ai l’impression d’être à leur yeux, une aveugle heureuse au milieu d’une autoroute…
Ou bien les aveugles sont-elles, elles, qui ne voient pas plus loin que leur gant en plastique, et leur décollement de membrane ou perçage de poche des eaux??

“Ne redresse pas ce qui est tordu, au risque de le briser…”

Meryem, naissance naturelle, quelques heures de vie.


El-Hajj Malik El-Shabazz

Ou encore… Malcom X.
A méditer :


Qui rira bien…

Le procès de Breivik a commencé. Humiliant, insultant, salut hitlérien de mise. La cour cherche à savoir si cet homme de 33 ans jouit de ses facultés mentales, ce qui influencera sa peine.

Merah, gamin de 23 ans a été jugé et exécuté, selon les informations officielles à ce sujet, sans procès.

Je mets toujours en doute la parole des journalistes, les paroles officielles, sur les morts “suspectes” de personnes gênantes ( Ben Laden, Merah…), mais les faits sont là : Breivik qui a tué plus d’une soixantaine de personnes, de sang-froid, qui dit devant des dizaines de milliers de personnes qui le referait, est jugé, a le droit d’être écouté, a le droit d’exposer sa thèse néo-nazi à la face du monde.

Merah, a été catalogué fanatique, dangereux, abattu d’une balle dans la tête, avant qu’il puisse se défendre.

Il y a une différence notable entre ses deux hommes : l’un est fanatique est musulman, l’autre est simplement diminué mentalement… On ne va pas prendre en compte qu’il est fanatique néo-nazi, qu’il écrit des thèses fascistes, qu’il fait partie d’une “communauté” néo-nazi. Non, pour lui, ça ne compte pas. C’est seulement lui qui est dangereux (voir un peu diminué mentalement). Merah, c’est le musulman qu’il était, c’est l’Islam qui est représenté comme dangereux.

Pas de procès pour lui. L’Islam prend tout sur son dos.

Pour Breivik, c’est lui qui est mis en cause…

Merah serait un “fou d’Allah”, selon le Point, Breivik lui, est un monstre… Et la différence de la donnée de l’information est de taille :


Et pourtant, ces deux “Unes” sont sorties dès le lendemain des évènements…

Alors, quelle justice et pour qui?

El Hamdoulillah, pour nous, nous sommes convaincus que la justice se fera plus tard, après.

Je déplore juste la triste réalité.

Un jeune, très jeune garçon de 23 ans serait un terrible terroriste sur-formé par al Qaeda ne méritant rien d’autre que d’être abattu d’une balle dans la tête par 15 000 snipers à sa fenêtre…
Un homme de 33 ans est juste tombé sur la tête et la cour cherche à prouver sa folie et à l’interner dans une unité psychatrique…

Je n’ai jamais voulu aborder ces affaires-là, car je reste sur ma position : nous serons jugés selon nos intentions et nos actes. Je ne prends aucune position sur ce qu’a fait (ou non) Merah. Tant que les hommes sont éliminés sans parler, je doute de tout…

Je ne me mouille pas à faire des spéculations, j’ai confiance en Dieu pour le Jour du Jugement…

En attendant, la justice ici-bas est bien bizarre…

On a aboli la peine de mort en 1981 en France… Je croyais, en fait.
Et en plus, on crache sur les pays qui la pratique encore après jugement…

Je vais faire hurler, mais je ne suis pas contre la peine de mort, hé non! Mais je suis contre la peine de mort appliquée froidement, sans jugement, par haine, ou par élimination d’une personne qui pourrait trop en révéler sur le système…

La Vérité éclatera, et ce jour-là, qui rira bien rira le dernier.

(Je ne peux que vous conseiller de lire cette très bonne analyse au sujet de l’affaire Breivik… Analyse faite avant “la disparition” de Mohamed Merah : http://www.acrimed.org/article3642.html )


Salwa ne vote pas.

Le 22 Avril, c’est juste l’anniversaire de mon fils. Le 22 Avril, je ne voterai pas. Ni le 6 Mai. Ni après. De toutes façons, je ne suis inscrite nul part. Je ne suis pas citoyenne comptabilisée sur les listes électorales. Ma voix ne serait ni verte, ni blanche, ni rouge de rage. Je ne voterai pas pour ces guignols qui font la course pour nous représenter. C’est mon choix.

Je reste en retrait, et j’assume.

Je continue ma vie, et mes coups de gueule. Je continue à m’étonner du monde dans lequel on vit, peu importe par qui on est représenté : du bleu-blanc-rouge au vert…

La mentalité des gens est comme ça… Je reste en retrait, et déverse mes colères sur mon blog…

انا لله وانا اليه راجعون ; Vers Dieu nous reviendrons.

Je ne vais pas en faire trois tonnes sur les élections. Je n’ai pas suivi les programmes. Je m’en fous pas mal de leur promesses qu’ils ne tiendront jamais.

En 2002, je ne votais pas encore, et j’ai eu peur que Le Pen passe au 2nd tour et je m’étais promis de toujours voter. Ah ah ah… 10 ans plus tard, j’enterre cette promesse avec leurs promesses électorales… Et je leur donne rendez-vous après la mort. Qu’auront-ils fait pour nous?? Rien. Laissez-moi rire.

Salwa n’existe pas sur les listes électorales… Salwa n’existe pas en tant que citoyenne…


Sans réflexion

On prend ce qu’on nous donne, sans réfléchir, sans réflexion.
On voit les prix qui s’affichent, sans réfléchir, sans réflexion.
On se plaint que les prix montent, sans réfléchir, sans réflexion.
On ne se pose pas de question, on prend, on jette, on veut encore, on n’en veut plus, on rachète, c’est cassé, on prend ce qu’on nous donne, c’est gratuit, c’est remboursé…
On croit naïvement ce qu’on nous dit, on fait confiance, parce que ne pas faire confiance, ça voudrait dire qu’on devrait se servir de notre cerveau…
Alors on dit qu’on fait confiance. Parce que c’est plus facile. Parce qu’être assisté, permet de rejeter la faute sur d’autres…
Fini, c’est fini…

On ne va pas plus loin que l’ordonnance du médecin, ou que le rouge des fraises. Peu importe ce qu’il y a derrière. Peu importe qui ça engraisse. Peu importe qui ça laisse sur le carreau. Peu importe que notre corps en subit les conséquences, les hôpitaux sont là, les urgences aussi… Et on s’en lave les mains.

On consomme à outrance. On consomme sans se questionner. On prend ce qu’on nous donne. On ingère ce qu’on nous ordonne. Et surtout, on met notre cerveau en stand-by… Il faut pouvoir rejeter la faute sur les compétents, qui rejètent la faute sur les surcompétents.
Ne pas se servir de notre cerveau… Jamais. Jamais. Ça pourrait être dangereux, s’il arrive quelque chose, on ne pourrait s’en prendre qu’à nous…
Sans réflexion, sans responsabilité… Société d’enfants infantilisés…


Posée?

Nous voilà, arrivés à Compiègne. Pleins d’idées d’articles qui trottent dans ma tête et peu de temps pour les mettre en ligne. J’espère être posée ici, j’espère ne pas repartir tout de suite. Le quartier est calme. La maison est neuve et agréable. Les rencontres ne devraient plus tarder à se faire.
Je vais me poser quand tout sera fini et j’écrirai.
J’écrirai mes coups de rage, mes coups de coeur. Mon manque de Nantes, de mes amies.
De vraies amies…
J’écrirai, c’est promis.
Je vous parlerai de ce message lu, sur une liste de discussion Yahoo. Je vous parlerai de mes loulous. Je vous parlerai de mon indignation face à ce qui me semble des abberations. Je vous décrirai mes envies de chocolat. Je vous narrerai mes nouvelles copines. Et les fleurs du jardin, quand elles auront poussés. Et à Nantes qui me manque. Nantes, ma nostalgie. Nantes, ma douce.
Jamais je n’ai aimé une ville comme j’ai aimé Nantes. Est-ce par vous, mes amies, que je l’aime tant? Est-ce par J.T, qui me l’a fait miroité? Il y a un secret que je ne sais percer sur Nantes.
J’espère faire de Compiègne, une deuxième Nantes, dans mon coeur.
Pour le moment, je vous laisse, j’ai encore tant à découvrir!


J’ai eu peur.

Les peurs qui prennent au ventre, l’instant où tout bascule. J’ai eu très peur.
J’ai eu peur plusieurs fois dans ma vie.
Cette peur, que je ressens encore dans mes jambes, et pourtant cela fait plus d’un an que ça s’est passé. Dérouté par cet évènement… Que je n’ai pas souvent conté.

Début Mars 2011, je descendais à Toulouse, en train, avec les enfants. Meryem n’avait pas 2 mois. Ma petite soeur était sur le point d’accoucher, et j’espérer secrètement qu’elle accoucherait quand je serai là… J’étais invitée chez ma mère, mon homme nous a installé dans le train, et après un dernier au revoir, les recommandations d’usage, les invocations à répéter, le train démarre. Les enfants sont d’un calme appréciable. La petite dort en écharpe, tout va bien…

A une heure de Toulouse tout dérape. Un choc. Le wagon qui bouge énormément. Le train qui freine, une odeur de souffre. Et moi qui fait ni une ni deux, qui prend mes gamins et me lève… J’ai si peur, je veux sortir. J’ai l’impression que le train est en feu.
Mais non, ce n’est pas le cas. Les haut-parleurs nous rassurent, en disant qu’il n’y a rien dans le train, mais plutôt sous le train… Et là, je revis intérieurement le wagon qui bouge sous mes pieds, qui se soulève. Cette sensation, je l’ai encore aujourd’hui. J’étais installée dans le deuxième wagon, un homme est passé sous mes pieds.
La panique tout d’abord, la peur de perdre mes enfants, mon mari, puis l’annonce affreuse ont eu raison de mes nerfs… J’ai pleuré. Puis il a fallu répondre aux questions d’Abd Allah qui est un petit garçon doué de raisonnement, et de perspicacité… “accident de personne”, il a très bien compris qu’il y avait quelqu’un sous le train… Plus d’un an plus tard, j’y pense toujours.

Avant-hier, mercredi, j’ai eu très peur. Et la même peur que dans le train. Peur de perdre mes enfants. Peur de perdre mon enfant, plutôt. Plus de peur que de mal.
J’étais en train de m’occuper du linge avec la petite, dans une pièce au fond de mon appartement, les garçons étaient en train de jouer dans leur chambre. J’entends bien un bruit de chaise dans la cuisine, mais je ne m’affole pas. Elyess a pris l’habitude de monter sur ces grandes et hautes chaises de bar pour chercher des fruits sur la table de la cuisine. Les fruits, chez nous, se mangent quand on en a envie… il n’y a pas de restriction.
J’entends la chaise, puis j’entends un pleur étouffé. Je n’ai pas entendu le bruit de la chute. Juste ce pleur, tellement inhabituel pour Elyess, qui, quand il se fait très mal, peut pleurer très fort… ou pas du tout. Là, c’était comme des plaintes entre-coupées. Je me suis précipitée dans la cuisine, je l’ai retrouvé à plat dos, à côté de la chaise, et j’ai eu peur.
J’ai eu encore plus peur en voulant le prendre dans mes bras, et en réalisant qu’aucun de ses muscles n’étaient contractés, il ne tenait plus sa tête, il était tout “mou”, en répétant qu’il s’était fait mal. Pendant quelques minutes, il est resté tout mou. Et ma peur au ventre, je m’en voulais bien sûr, et j’avais si peur. Je lui disais “marche, mais marche!!!!” il ne tenait pas debout. Je le gardais contre moi, il continuait ses plaintes sans s’arrêter, et moi, tout défilait dans ma tête : un nerfs sanctionné, que sais-je… Peur.
Vraiment très peur.
Au bout d’un moment, il s’est redressé de mon étreinte, et j’ai été soulagé. La peur est retombée. Je l’ai mis debout, il marchait. Je l’ai quand même gardé dans mes bras, et il s’est endormi. Se réveillant, une heure après, et continuant sa vie comme si rien ne s’était déroulée… Ma peur a été ravalée.
Mais la panique a été dure à gérer… Besoin de l’écrire.
J’ai quand même relativiser en n’appelant pas les urgences, et de voir par moi-même ce qui allait se passer… Je tends à penser que le choc de l’hôpital aurait pû être plus grand que celui de la chute…
Le lendemain, Elyess était en pleine forme, jouant, rigolant, et il commence à être bavard…

Mais en l’espace de quelques minutes, j’ai eu peur de le perdre…

C’est en racontant tout ça que je comprends mieux les paroles d’AMélie… quand elle a eu si peur quand son fils a perdu connaissance, et quand la maison de son voisin a pris feu.

Il y a des chocs qui peuvent paraître banal vu de l’extérieur… mais la panique intérieur est si grande…


A Nantes

A Nantes, à vous toutes. A Nantes, à sa maison qui penche.

A Nantes, à l’éléphant. A Nantes, à la Loire. A Nantes, à mes amies. A Nantes, à son vent spécial. A Nantes.

A Sadia, A Noura, A Sajida, A Leïla, A Camélia, A Joëlle, A Carole, A Arij, A Aysha, A Ahlem, A Emilie, A Amina, A Ibtissem, A Amélie, A Danielle, A Angélique, A Solène, A Grace, A Mme La Directrice de l’école, Aux instits d’Abd Allah, A Suzana, A mes voisins, A Awatef… A Nantes, à ses rues, à son tram, à son marché, à ses femmes colorés, à ses rires, à ses crèpes, à son café des enfants, à ses réunions LLL, à son air semi-breton…

Deux ans, une naissance, des centaines de rencontre.

Nantes restera gravée.

Nantes ville de la rencontre avec mon AMélie. Nantes, naissance de ma fille. Nantes, ma ville.

Voyages, voyages, depuis que je suis née… Quatorze déménagements, quatorze changements… Voilà le quinzième qui s’opère. Je n’ai pas encore 27 ans…

Rom dans le sang? Touareg dans les veines? Je repars…

Et cette fois, je quitte des personnes qui ont marqué mon passage à Nantes. A Nantes. A vous toutes.

J’aurai voulu écrire un article pour chacune d’entres vous… Une petite phrase, un commentaire. Comment vous dire que je vous aime??

Je repense souvent à Camélia, ma Camélia. Dans mon coeur, pour toujours, qui a peur que je l’oublie… Non, non, non, Camélia… Tu es toute aussi importante pour moi… Camélia, petite fleur. Camélia, avec ta petite Azalia…


Tu ne liras jamais ces mots, mais je les envoie par le Ciel…

Et Carole! Carole, Carole, Carole…

A Nantes…


Tout pour un Minaret.

“Tu imagines? Ils veulent construire une mosquée, ici? Ils sont fous? Ils vont nous imposer ça? Un minaret avec l’appel à la prière? T’imagines? Ah oé, mais toi, t’es de leur côté.”
-une camarade de terminale à Barr (67), en Juin 2003-

Je n’étais pas encore convertie à cette époque-là, mais l’Islam coulait déjà au creux de mon coeur. Et je ne comprenais pas son émoi, face à cette nouvelle. Les musulmans de Barr priaient depuis très longtemps dans un hangar leur servant de lieu de recueillement… L’idée d’une mosquée était intolérable pour les habitants de cette bourgade alsacienne. Forcément. La phrase de ma camarade de classe était restée ancrée en moi. Et la même nuit, alors que je me réveillais d’une insomnie, l’église ma voisine la plus proche, sonnait ses longs douze coups immuables. Que j’écoutais.

Puis je suis partie. Cinq ans. Et je suis revenue. Et tout a changé. J’y trouvais la facilité de vivre ma religion. Moins facile qu’en Tunisie, certes. Il faut toujours faire attention aux étiquettes sur les produits. Mais oui, il faut l’avouer, il y a plus de facilité pour les musulmans, et je ne m’étais jamais penchée sur la catégorie de personne qui pensait comme cette camarade de classe.

Ce soir, en voulant chercher une photo d’une des mosquées de Nantes sur Google, je suis tombée sur plusieurs sites islamophobes. En fait, je suis tombée sur une majorité de site islamophobes. Et j’ai été étonnée.
Pourquoi l’être? Je me sens comme naïve. Et je crois que je préfère ma naïvité, je préfère être comme Candide, et ne pas voir les horreurs de ce monde… Continuer mon chemin, ma religion, mes enfants, mon mari, ma vie.
Je ris des blogs qui racontent des sornettes, qui parlent de choses qu’ils ne connaissent pas. Les commentaires en sont affligeants (certains accusent les mosquées être des lieux de dépôt d’armes… envie d’éclater de rire). Ils ne sont jamais entrés dans une mosquée, et s’éloignent de tout ce qui ressemble à un musulman de près ou de loin… Et ils accusent. J’aime ce genre d’imbéciles, parce que ce n’est rien d’autre… J’aime ce genre d’imbéciles qui pensent avoir la science infuse juste par déduction logique du seul neurone qui orne le vide encéphalique de leur crâne… sans connaître. Avec leur bibine à côté de l’écran, et leur bonne femme qu’il traite d’un “grognasse, raboule des chips!”, et écrivant de loooooooooongs commentaires sur “comment les mosquées inculquent aux jeunes musulmans la soumission de la femme musulmane”. LOL
Et quand toi, tu veux écrire un commentaire, juste comme ça, juste un “Allahou Akbar” parce que Dieu nous a ordonné de corriger les actes blâmables de la façon dont on peut le faire, tu t’aperçois que ton commentaire ne sera publié que si l’administrateur le valide. Tu vois juste le degré d’ouverture : même pas capable de se prendre des commentaires à l’encontre de ce que tu écris… Là, tu sais que tu as à faire à de GROS imbéciles. Même pas capable de parler. Juste capable de se faire lécher les bottes par des sbires…

Alors j’écris ici, pour déverser mon trop pleins de haine, mon trop pleins d’intolérance extrême, mon trop pleins de ras-le-bol.

Ce pays pue. Et je ne le croyais pas. J’aurai dû revenir à mes sentiments d’ado. Je disais que j’aimais pas la France, j’aimais pas le bleu-blanc-rouge… Un ptit roquet a dit un jour : “La France tu l’aimes ou tu la quittes…” J’aime pas faire plaisir au roquet, alors je reste.
Je reste, parce que j’aime les paysages ici, j’aime la diversité, j’aime beaucoup de personnes qui sont intéressantes et qui ont des idées intéressantes!!

Mais la France que je découvre dès que je marche en dehors de mes plates-bandes, je la vomis. Celle de SarkoLePen… Heureusement que dans la vie de tous les jours, on n’en croise pas des tonnes… Ou alors, je suis aveugle. Ou alors je suis Candide.