Histoires à dormir debout

Nuit, nuit, nuit, Tous les chats sont gris…

Une poésie commençait comme ça, quand j’étais en CE2… Je crois même que c’est les élèves qui l’avaient écrite… Je ne me souviens plus. Quelle importance.

Nuit. Quel mot…

Ado, tu passes des nuits blanches à faire des bêtises, puis tu grandis… et tes nuits deviennent sacrées, tout d’un coup. Tu te rends compte de l’importance du sommeil, et tu le prends comme un droit qu’on n’a pas le droit de piétiner… Et tu deviens maman…

Oh, toi, tu y tiens à tes nuits! Hors de question de se plier trop longtemps à la pitié du plus faible! Qu’on passe par des méthodes dures ou des méthodes douces, la même rengaine, toujours, tout le temps : “comment lui faire faire ses nuits???”

Et moi, cette question m’horripile, cette “norme” de faire les nuits me passe par les trous de nez. Ce sommeil qui se devrait d’être ininterrompu, ça m’énerve.

Il y a bien des cases à respecter quand tu deviens maman. Il y a bien ces centaines de cases que les bébés doivent respectés, sinon, tu es vue comme une mère qui sait pas y faire… Et celle qui m’agace le plus (toutes m’agacent, à vrai dire!) c’est bien celle des nuits. Des pseudos nuits où les parents se vantent de dormir CHAQUE NUIT DE 22H A 7H SANS INTERRUPTION. LOL

Oui, parce que non. Si ce ne sont pas mes enfants qui vont me réveiller, ça sera moi qui me réveillerait pour aller boire ou aux toilettes… ou par insomnie.

Ras-le-bol de la question “est ce qu’elle fait ses nuits, elle a un an maintenant… Ah! mais vous l’allaitez, c’est pour ça…”

C’est pour ça, quoi? Toi, tu te lèves pas pour boire quand ta gorge est sèche? Ton fils qui ne tète plus, ne se réveille jamais pour aller faire pipi? Alors quoi… C’est quoi cette histoire à dormir debout, qu’il faudrait absolument que les nuits soient ensommeillées du début à la fin??

Eh bien, je conteste! Je ne veux pas apprendre à mes enfants à faire leurs nuits, car bien souvent, ce sont eux qui me réveillent au moment le plus opportun de la nuit. C’est bien souvent l’heure de la prière. Oui, nos nuits, à nous, musulmans pratiquants, sont entre-coupées. Et depuis que mes nuits sont coupées, je dors mieux. D’un sommeil paisible et moins lourd…

La fatigue n’est pas une bonne amie, et j’en ai pris conscience… mais le surplus de sommeil non plus.

Je ne peux pas apprendre à mes enfants à faire leur nuit, alors que moi-même, je ne sais plus ce que cela signifie… et que je le vis bien.

J’essaye juste d’élargir un peu les bords de cette “petite case”!!


Invocations.

Ô mon Dieu, pardonne-moi, pardonne-nous de nos faiblesses, de nos pêchés.
Ô Allah, Seigneur de la Terre et de l’univers, préserve-nous du maudit!
Ô Mon Dieu, guide les musulmans et les non-musulmans, sur le chemin de la guidance, du respect, de la piété.
Ô Allah, raffermis nos coeurs et détourne-les vers Toi, Toi seul détourne les coeurs.
Ô mon Dieu, ouvre les coeurs fermés et place les sur ton chemin.
Ô Allah, guide nos enfants afin qu’ils préservent leur foi.
Ô mon Dieu, donne à chacun la bonne intention de ses actes.
Ô Allah, ouvre-nous les portes de ton Paradis, préserve-nous des flammes de la Géhenne.

Ô mon Dieu, préserve les couples, préserve mon couple, préserve mon mari, mes enfants, ma famille entière.
Ô Allah, rends-moi satisfaite de ce que j’ai! J’ai tellement de chance d’avoir la foi, El Hamdoulillah.
Ô Allah, préserve ma soeur filleh, préserve son couple, sa religion, sa descendance et sa famille entière.

Ô Allah, préserve ma foi!!
Ô Allah, fais moi T’adorer comme Il Te convient car nul autre que toi ne peut être adorer.
Ô Allah, guide mes intentions, et mes pas.

Ô Allah, Toi seul voit toute la confiance que j’ai en Toi.

Ô Allah, el hamdoulillah el hamdoulillah. Je me place entièrement en Toi.

Ô Allah fais que je puisse T’adorer jusqu’au dernier souffle de ma vie.

Ô Allah.
SOBHAN ALLAH
WAL HAMDOULILLAH
LA ILAHA ILA LLÂH
ALLAHOU AKBAR.

Amîn.


Tout doux.

Il y a des rêves comme celui que j’ai fait la nuit dernière, qui laissent de la douceur au réveil, un apaisement, une sensation de chaleur, de douceur.
Un rêve sans queue ni tête, dans lequel on ne comprend rien mais on vit. On vit par procuration des choses qu’on ne vivra jamais au réel, mais on les vit en rêve. N’est ce pas formidable cette dimension du rêve.

J’étais dans un endroit, comme un jardin immense, où les gens se promenaient en famille. J’étais avec ma famille, Meryem était nourrisson. Un tout petit nourrisson, les yeux bien plus souvent clos qu’ouvert, la tête dodelinante et sa bouche avec son mouvement de succion permanent.
Je la portais contre moi, en écharpe. Elle se mit à avoir faim, je cherche un endroit discret et paisible pour l’allaiter…
Je m’assois au pied d’un arbre, et je l’allaite très discrètement sans que personne ne me remarque. Personne sauf un bébé panthère. Je comprends alors que je suis dans un jardin animalier, et que les animaux sont en liberté. La panthère a un pelage blanc avec de grandes tâches noires. Elle s’approche de moi, mais ne me semble pas menaçante, j’ai confiance. Par contre, j’entends les gens autour de moi qui s’affole “on n’a jamais pû approcher cette panthère”, “c’est la plus sauvage”, “elle va manger le bébé”… Mais l’agitation autour ne m’effraie pas, ne m’atteind même pas, car je vois dans le regard de la bête qu’elle ne veut aucun mal.
Elle s’approche et vient se lover contre moi, du côté où je n’allaite pas. Je la caresse sur la tête, son pelage est si doux que j’en ai encore la sensation entre les doigts. Elle se met à ronronner comme un gros chat. Elle dégage une chaleur corporelle qui fait du bien. Je me sens apaisée et les gens sont ébahis, stupéfaits. Je pense intérieurement que c’est parce que je donne le sein à mon bébé, que ça réveille des souvenirs de mammifères en elle. Mais je ne dis rien. Quand mon bébé a fini de téter, je me lève et la panthère grimpe sur mon épaule. Elle y restera jusqu’à mon réveil…
Douceur et chaleur… A bientôt petite panthère…


Tunisie??

Il y a plus de 10 ans, j’écrivais des poèmes pour toi, des poèmes sur toi, des mots d’amour. Sur toi, Tunisie.
Je te disais de te secouer, de te bouger un peu, de te nettoyer de ces saletés qui t’ont pris ta beauté.
Je criais haut et fort que ton gouverneur ne prenait pas soin de toi, qu’il te polluait, que c’était un dictateur. Je lisais Tunezine, je découpais tout ce que je trouvais sur toi, et je rêvais de ta liberté…

Et puis voilà… L’année dernière, ton peuple s’est enfin réveillé. Trop tard, j’étais repartie. Je n’étais pas là pour ta liberté. Je regardais les images depuis mon canapé. J’étais en train d’accoucher…
J’avais espérer depuis tant d’années, j’avais parlé à voix basse dans le salon avec ma belle-soeur, j’avais insulté le dictateur sous l’oeil mi-réprobateur mi-amusé de ma belle-mère… Mais tu t’es libérée du joug quand j’étais de l’autre côté de la mer, en train de donner la vie à une fille de ta patrie…

Et je suis à distance, tes nouvelles… Les nouvelles, au coeur de la vie, de la nouvelle Tunisie…
Trop de liberté, trop d’un coup. Ils ne savent plus quoi en faire. A trop parler, vouloir l’anarchie… Et maintenant, j’ai encore peur pour toi.
Pas que je regrette le temps d’avant! Oh que non! J’ai tellement prié et espéré pour que ça arrive…
Seulement, ça me fait mal au coeur que la jeunesse n’a pas compris comment utiliser cet atout qu’elle a en main…

Tunisie, je garde l’espoir, comme à mes 16 ans… Je garde cet espoir de te voir un jour, rayonnante de mille feux, et de révéler tes bijoux, tes parures, ta beauté. J’ai espoir en toi, Tunisie… Je t’aime du plus profond de mon coeur.


Un an après

Et hop… Que des images, ça suffira… 11 images pour les 12 mois de l’année… J’ai dû paumer mon APN en Septembre, je n’ai pas flashouillé ma bouille d’amour… (Trois photos faites en septembre 2011, faut le faire!!)
Et voilà, pour la première année de ma princesse :


Janvier 2011


Février 2011


Mars 2011


Avril 2011


Mai 2011


Juin 2011


Juillet 2011


Août 2011


Octobre 2011


Novembre 2011


Décembre 2011

Ma princesse aux milles sourires!!


Bruno

Prénom familier qui résonne bizarrement à mes oreilles.
Je me souviens avoir rigolé quand j’ai entendu une de mes amies, en Tunisie qui appelait son chat ainsi. Un bon gros matou bien nourri… Les chats adoptés sont rares, par là-bas. Bruno. J’avais ri, et lui avait dit que mon père s’appelait Bruno.
Quel drôle de prénom, pour un gamin blond…

Suis-je égoïste? Une mauvaise fille? Je l’oublie souvent… Peut être par rancune, peut être parce que j’ai toujours trouvé qu’il avait été égoïste lui aussi…

J’ai fait rapidement le deuil de sa mort. Etrange… Mais je lui en ai toujours voulu, allant jusqu’à me dire, que c’est sûrement mieux qu’il soit mort, qu’il n’aurait jamais accepté.

Je ne me souviens plus de lui. Ni de son visage. Ni de sa voix… Et je n’en suis pas plus triste que ça. Pourtant, je l’aimais mon père. Je ne pourrai jamais dire le contraire. Même si je ne le voyais pas vraiment comme un père. Mais peut être plus comme un grand frère… Un gamin avec qui faire des bêtises. Je l’aimais, oui… Mais alors pourquoi?

Ma mère m’a dit, il n’y a pas longtemps que c’est “dommage” qu’il ne soit pas là pour me voir… Voir celle que je suis devenue. Ma mère a compris mon bonheur, mon bien être, ma vie d’aujourd’hui. Sans jugement, sans a priori… Comme je suis… Je lui ai répondu que c’est mieux ainsi qu’il ne soit pas là… Il m’aurait peut être mis des bâtons dans les roues…

C’est ce que je dis, bien souvent. Mais est-ce vrai?
Aujourd’hui, je me sens coupable de penser mal de lui, alors que je ne le connais que si peu…
Oui, très peu. Il a décidé de sa mort, alors que je n’étais encore qu’une enfant… Je n’avais jamais approfondi des sujets de discussion intéressant avec lui. Je ne connaissais aucune de ses positions, sur les choses qui me passionnent aujourd’hui… je ne le connais pas…

Il m’a câliné, il m’a bichonné, il m’a gâté, quand j’étais petite, et m’a presque jamais engueulé… Mais je ne le connais pas.

Peut être aurait-il eu soif d’apprendre à me connaître comme je suis??

Mais bon… Là, n’est pas la question. Il n’est plus, et c’est ainsi… Mais je me sens un peu bizarre de me rendre enfin compte, que je ne pense presque plus à lui…

Il y a bien la date du 19 Novembre, qui reste un jour noir dans ma mémoire. Mais je me lève juste le matin, en me disant “aujourd’hui, ça fait 14 ans, qu’il est mort…”, et je passe à la suite.

14 années qu’il est parti. Qu’il a décidé de sauter de cette fenêtre… Drôle de décision, lâche et sans valeur, qui l’a fait descendre dans mon estime…
Je ne suis pas quelqu’un de fermée, mais certainement pas assez ouverte sur cette question… Admettre de se donner soi-même la mort, quand on sent la valeur de sa vie… Quand on a des enfants… mais comment… comment…????

Papa…


Des gens bien.

J’ai la chance, El Hamdoulillah, d’être entourée de gens biens…
Un peu perdue, en ce moment, avec mes enfants, toute seule en semaine ; j’ai énormément de chance de connaître toutes ces personnes prêtes à m’aider.
On nous rabâche qu’on vit dans une société où chacun vit pour soi, où la solidarité n’existe plus, où on n’écoute plus les autres, où on se fiche de ce qui se passe chez les autres.

Je suis entourée de gens bien. Ma voisine et amie, Sadia, pour ne citer qu’elle? Toujours le sourire, toujours prête à rendre service, mais si ce n’est que de prêter une oreille attentive à mes malheurs, ou me prendre les enfants pendant une heure le temps de me retourner un peu…
Une voisine comme je n’en ai jamais connu, qui me téléphone avant qu’elle parte faire ses courses en voiture pour s’assurer que je n’ai besoin de rien.

J’ai des amies très bien, qui savent me parler avec des mots qui rentrent droit dans mon coeur.

Et il y a aussi la directrice de l’école de mes fils.
Mme Robineau, qui me rappelle Mme Schmitt, qui a été la directrice de l’école d’Abd Allah, en Moselle. Des femmes bien qui m’ont donné un visage positif à l’éducation nationale. Alors, que j’en tremble pour l’année prochaine…

Mme Robineau, qui m’a rassuré, m’a déculpabilisé, m’a dit que tout était normal vis à vis d’Elyess, sa jalousie violente, et son petit caractère… Cette femme qui ne m’a pas renvoyé vers un psy scolaire, et m’a simplement parlé d’écoute des sentiments, d’écoute-active (sans prononcer ces mots-là), de respect du rythme des enfants.

Elyess, mon bébé, mon deuxième, mon chéri, est tout simplement normal, en période de rébellion dure à gérer, mais ça ne durera pas… Tout changera bientôt…

Le métier de maman n’est pas simple. Multiplié par trois…
Mais je sais que je m’en sortirai et avec le sourire!!


Intention

Il y a une femme ici, une amie, une soeur ; qui nous donne des petites leçons chaque lundi matin. Leçon de vie. Ça fait du bien.
Et j’avais envie de revenir sur le hadith que nous avions vu ce matin.

Le commandeur des croyants, ‘Omar Ibnou-l-Khattâb a rapporté ces propos de l’Envoyé de Dieu : « Certes les œuvres ne valent que par les intentions, et chaque homme n’obtient que ce qui est conforme à son intention. Quiconque accomplit l’Hégire en vue de Dieu et de Son Envoyé se verra compter son hégire comme telle. Et quiconque accomplit l’Hégire en vue d’obtenir ce monde, ou en vue d’épouser une femme, (qu’il sache que) son hégire lui sera comptée comme telle. » [Rapporté par Al-Boukhârî et Mouslim.]

L’intention dans chaque chose.

Dit tel quel, on ne se rend pas compte de la portée de cette phrase. Mais en la remplaçant dans notre quotidien, SOBHAN’ALLAH! Elle prend tout son sens.

Ainsi, quotidiennement, nous avons l’intention de nous lever chaque matin, pour amener les enfants à l’école, faire les courses, le ménage, ou encore, pour d’autres, aller au travail… Mais l’intention profonde et réelle, au fond de nous, qu’est-elle??? Oublierons-nous, chaque jour, notre devoir de “Serviteurs d’Allah”? Pourquoi sommes-nous sur Terre?? Seulement pour accomplir cette routine, afin de se montrer aux autres?
“Mes enfants sont bien élevés, regardez-les!!”, “ma maison est propre, tu peux venir me visiter!”, “mon repas est un délice, viens me féliciter!”, “je travaille dur et je gagne beaucoup d’argent, avec lequel je peux m’offrir le dernier iPhone, et les fringues à la mode”…
Sommes-nous donc perdu autant que si nous n’avions pas la foi?

Toute notre vie de musulman est relié à Dieu, le Tout-Puissant. Chaque acte, si petit soit-il, est un rapprochement à Allah, par l’intention, la pensée.
Nous ne sommes pas là pour que les autres nous remarquent, ou nous complimentent, ou disent des louanges sur nous. Non. Nous sommes là pour adorer Allah, sobhan’Allah, l’avons-nous oublié??
Dans tous tes actes, tu montres ton adoration pour le Créateur, alors ne l’oublie pas dans l’intention, dans ton coeur.

Quand tu te lèves le matin, et que tu accompagnes tes enfants à l’école, fais-le avec l’intention qu’ils deviennent instruits, et qu’ils répandent l’Islam parmi les coeurs de leur camarade. Qu’ils apprennent à lire et à écrire, pas juste pour savoir lire et écrire, mais pour s’en servir dans leur adoration d’Allah.
Quand tu ranges ta maison, ne le fais pas pour qu’on dise de toi, que tu sais recevoir mais fais-le pour être bien dans ton foyer, afin que tu puisses adorer Allah, dans la sérénité de ton coeur (car c’est prouvé que l’amoncellement de choses nuit au moral!), quand tu cuisines pour te nourrir, ce n’est pas pour qu’on vienne féliciter tes talents de cuisinières! C’est pour te ravitailler en force et énergie, afin de continuer dans ta pratique de ta religion.
Quand tu travailles, et que tu gagnes de l’argent… Ce n’est pas pour accumuler cette fortune. C’est pour satisfaire Allah, pourvoir aux besoins de ta famille comme te l’a recommandé le Tout-Puissant, et pouvoir pratiquer la zakat, la sadaqa (les aumônes).

Et puisque tu vis bien, el hamdoulillah, que tu as un toit au dessus de ta tête, et que tu respires chaque jour, sans être inquiété, ni par la maladie, ni par la famine, ni par la guerre… N’oublie pas de remercier Allah.

Toute ta vie est relier à ça. N’oublie pas la véritable intention qui conduit tes actes de musulman(e).

Sur ce, un petit rappel de temps en temps, fait le plus grand bien. Et je dois dire que j’écris à l’impératif, parce que je me relis beaucoup, et que j’écris surtout pour moi… Ainsi que pour d’autres.

Assalam Alaykoum wa Rahmatallahou wa Baraketouhou.


Honte.

Honte, ce soir, j’ai honte.

J’ai envie de tout avouer, de tout raconter… Ou de tout garder en moi. J’ai honte…
La honte, est un sentiment qui me prend à la gorge, au ventre, à la tête. Je suis pas bien, je repense à tout ce qui me fait honte, et j’ai envie de vomir…
Honte de mon comportement face à la violence excessive de mon fils envers sa soeur… Honte de mes actes, de mes mots, de mes cris, de mes colères. Envie de pleurer en revoyant son visage empli de larmes, parce que je ne cherche pas à comprendre pourquoi, quel est le problème avec sa soeur…
J’essaye de discuter avec lui, de le faire parler, de le faire extérioriser… mais ses petites mains se lèvent sans cesse, ses pieds se balancent sur sa soeur.
Rien que la vue de sa soeur, le fait se transformer en boule de nerfs…

Honte aussi, face à mon amie… Qui a mal, et qui est loin, pour qui, je ne peux que prier, que je n’ose déranger, je ne sais que faire pour elle, je ne sais même pas ce qu’elle a, et j’ai peur pour elle…

Honte, face à des connaissances virtuelles qui attendent de moi ce que je ne peux plus donner aujourd’hui, ce que je ne veux plus donner, alors je m’efface, et j’efface, sans prévenir…

Honte de prôner des principes que je ne sais pas respecter…

Honte de ne pas réussir à remonter la pente, et de changer vraiment.

Honte de m’en prendre à mon aîné, alors qu’il n’a rien fait…

Honte, la honte m’habite ce soir… Je vais me coucher.


La fille de la montagne

Elle s’appellait Parvati. Elle était indienne, végétarienne, avait des chèvres et avait accouché de son dernier enfant derrière le canapé de son salon…
Je l’imaginais grande, brune, en sari… Comment imaginer autrement une indienne qu’on n’a jamais vu?

Parvati. Son avatar était petit, bleu, représentant un dieu hindou avec plusieurs bras. Dans sa signature, on comprenait tout d’elle : son amour pour ses enfants, sa fusion revendiquée, sa non-violence.

Parvati, qui m’a pris par la main, et m’a montré le chemin de la zen-attitude, de la non-prise de tête, de la confiance en mes enfants, en mon instinct, en moi.

Parvati, qui avait la clé magique pour entrer dans le monde du maternage, mettre un mot sur ce que je ressens…

Parvati, disparue dans les méandres du web, dans sa montagne, avec ses chèvres, peut-être bien, et ses enfants…
Parvati, toujours dans mon coeur. Virtuelle. Pour toujours.

Je crois être une Parvati pour pas mal sur la toile…
On me dit que j’ai rendu des services, donné des conseils, on m’a remercié.

Et comme Parvati, j’ai envie de disparaître… Car je vole de mes propres ailes… Et celles qui me suivent aussi.

Personne n’est indispensable. Et surement pas dans le virtuel…

Je quitte le forum “bébévallée”, où j’estime avoir fait “du bon boulot”…

Je préfère me tourner vers d’autres objectifs, d’autres projets…

Aux lecteurs de ce blog, je le garde encore ouvert, pour le moment… Mais qui sait???

À Parvati, la fille de la montagne, mon indienne inconnue virtuelle. À Amélie. À Steamy.
Merci, de m’avoir ouvert les yeux, le coeur. Merci de m’avoir appris l’amour au delà de la vision.