Blog d’une Maman Musulmane Maternante

un choix de vie comme un autre…

Non, on ne me laisse pas le choix.
Je n’avais pas l’idée de faire un tel article, mais bon, je me sens un peu “prise au piège”, un peu forcée de le faire.
J’ai beaucoup réfléchi à comment le faire, à comment le tourner… Finalement, je vais faire court.
Je me suis sentie “attaquée” par des commentaires “déguisés”. Soit-disant que la personne ayant laissé ces commentaires cherche à comprendre certains versets du Coran.

Je tenais à lui préciser, tout d’abord, que le Coran ne se “lit” pas comme on peut lire un roman. Le Coran ne se “comprend” pas, comme ce qu’on a l’habitude de lire… Le Coran est plus complexe que ça, et sache, chère Zitoune (puisque là, est le pseudo de la personne), que des savants qui ont plus de 50 années de lecture de Coran derrière eux, n’ont pas l’orgueil de dire qu’ils ont TOUT compris.

Tu as pointé du doigt des versets, sortis de leur contexte, en faisant passer les musulmans pour des sauvages sanguinaires… Bref, les terroristes dont TF1 et Bush raffolent et redoutent… Bravo, ils ont accompli leur mission… Seulement, vois-tu, ce sont des versets qui ont été révélé au moment où l’Islam voyait le jour, et les musulmans tentaient de la répandre… Je pourrai renvoyer la pierre en parlant des croisades, n’est-ce pas? Mais c’est trop facile… Sujet clos, pour cette partie. Et sache le pour toi, chère Zitoune : sortir une phrase de son contexte donne tout un autre sens.
Mais pire encore!!! Sortir une phrase TRADUITE (à la va-vite) d’un texte intraduisible (va apprendre les nuance de l’arabe, et reviens me voir), nous fait passer pour des terroristes violents, sans cÅ“ur et racistes… Et pourtant, que dire de ces versets?

BISMILLAH ERRAHMAN ERRAHIM
La bonne action et la mauvaise ne sont pas pareilles. Repousse (le mal) par ce qui est meilleur; et voilà que celui avec qui tu avais une animosité devient tel un ami chaleureux.

(Sourate 41 / Verset 34)

Vous avez certes eu en eux (les non-musulmans) un bel exemple [à suivre], pour celui qui espère en Allah et en le Jour dernier : mais quiconque se détourne… alors Allah Se suffit à Lui-même et est Digne de louange.

Il se peut qu’Allah établisse de l’amitié entre vous et ceux d’entre eux dont vous avez été les ennemis. Et Allah est Omnipotent et Allah est Pardonneur et Très Miséricordieux.

Allah ne vous défend pas d’être bienfaisants et équitables envers ceux qui ne vous ont pas combattus pour la religion et ne vous ont pas chassés de vos demeures. Car Allah aime les équitables.

Allah vous défend seulement de prendre pour alliés ceux qui vous ont combattus pour la religion, chassés de vos demeures et ont aidé à votre expulsion. Et ceux qui les prennent pour alliés sont les injustes.

(Sourate 60 / Versets 6 à 9)

Le comportement du Prophète Mouhammad (sallâllâhou alayhi wa sallam) envers les prisonniers de guerre non musulmans est plein d’enseignements ; tout comme sa réaction lorsqu’il était victime des coups et des persécutions de la part de ses ennemis.
On ne doit jamais oublier la manière dont il traitait les “prisonniers” à cette époque.

Il (sallâllâhou alayhi wa sallam) a dit également :
“Le meilleur d’entre vous est celui qui est le meilleur envers son épouse (ou sa famille).” … Dans l’Islam, il peut arriver que l’épouse ne soit pas musulmane…

Pour le reste, chère Zitoune, les inégalités que tu pointes du doigts, sont fausses et mal-fondées… Fondées sur des textes mal traduits, et qui induisent en erreur.
Si tu veux apprendre l’Islam correctement, ce n’est certainement pas en fréquentant des sites islamophobes!!

Sur ce, ASSALAM ALAYKOUM WA RAHMATALLAHOU WA BARAKETOUHOU…

“Il te suffit comme péché que d’être constamment en train de te quereller.” (rapporté par Ibné Abbâs (radhia Allâhou anhou) )

Pendant plusieurs jours et semaines, je n’avais rien envie d’écrire.
Et là, l’envie m’en prend.
L’envie et la peur… Peur de l’avenir et de ce que ça comporte.

J’ai découvert mon homme au détour d’une plaisanterie sur mes yeux. Il ne s’en souvient plus ou il fait semblant. Il ne veut pas me dire, il ne veut pas parler du passé. Et moi, je l’aime. Je l’aime à en crever.

Nous sommes en Août 2009, j’avance dangereusement sur mes 24 ans, je l’ai connu l’année de mes 16 ans, me suis mariée peu après mes 18. Le temps passe. Mais pas l’amour.
Je l’aime mais pas seulement.

J’ai l’impression que les mots sont plats, que ce sont des phrases d’amour mille fois répétées par des amants passionnels… Et j’ai pourtant besoin d’écrire tout cela.

La passion est toujours présente, je perds ma tête quand il est loin de moi. J’en perds le goût d’écrire, de lire, de rire, de parler…
Je ressasse souvent les deux mois où nous étions séparés. Lui en Tunisie, attendant son visa, moi chez ma mère, l’attendant lui. Je me retenais à ma mère, pour ne pas sombrer et aller vers le fond. Me doutant bien qu’il viendrait à un moment ou un autre, qu’il sera près de moi… mais quand, mais quand. Deux mois, qu’est-ce que c’est? Mais c’est énorme, quand même 15 jours paraissent 15 ans.
On reparle souvent de ses deux mois… pour mieux les oublier? Pour mieux dire que ça y est, c’est passé? Nous sommes à nouveau ensemble et nous comptons bien le rester?
Mais c’est quoi l’amour???

C’est d’être déchirée chaque matin, quand il embrasse les garçons, puis moi, pour partir au travail? C’est normal d’avoir envie de pleurer chaque matin, depuis plus de 5 ans de mariage? C’est normal d’avoir une boule dans la gorge et de compter les heures qui restent avant 18 heures qu’il rentre enfin du boulot, et qu’on soit enfin ensemble? C’est normal de souffrir de lui accorder qu’il sorte s’aérer avec ses amis??

Je comprends parfaitement qu’il se sente étouffé, que je sois trop après lui… Peut être qu’il le comprend mal. Il pense que je suis jalouse de ses amis, de ses sorties… J’ai fini par penser ça aussi…
Mais en réalité, c’est pas ça.
L’amour que je lui porte me fait mal, me fait souffrir, et je ne suis bien que quand il est prêt de moi.

Je n’ai pas à me plaindre, sans vouloir me vanter, j’ai un mari en or. J’ai pas dit parfait. Mais en or, c’est tout. Il se plie en quatre pour sa famille. Je ne lui dis pas assez que je vois tout ce qu’il fait pour nous, tout ce qu’il entreprend. Je ne lui ai même jamais dit que je savais que tout ce qu’il veut pour nous, c’est du bien.
Quand l’envie lui en prend, il nous ramène manger des superbes coupes de glaces avec de la chantilly, nous ramène en week-end, et fait même des détours de plus de 50 kms pour satisfaire mes caprices… sans râler.
Je ne lui avoue pas qu’il est exceptionnel à mes yeux, avec les enfants et avec moi.
Je me contente de faire mes pseudo-crise de jalousie à la noix… parce que je ne sais pas lui exprimer mes sentiments correctement.

Je ne regrette pas ce mois d’Août 2001, où l’on s’est croisé sans savoir ce qui allait se passer. Je ne regrette pas ce mois de Février 2004, où l’on s’est uni, démuni, mais pleins d’amour… Je ne regrette rien de ma vie avec lui…

Je veux juste savoir si aujourd’hui il est amoureux de moi autant que je le suis de lui……

Pas envie d’écrire. Hamdoulillah, le temps passe vite. Les amours grandissent. Elyess a déjà bientôt 7 mois, Abd Allah va faire sa première rentrée, j’ai du mal encore à réaliser… et je suis nostalgique… Je laisse place aux photos.











Je suis pour la liberté d’expression et de ces idéaux… Je suis pour les débats intelligents.
Je n’ai pas pour habitude de supprimer des commentaires, même s’ils ne me plaisent pas.

J’écris un tout petit article, juste pour dire que je suis choquée du manque de respect de certains.
J’ai supprimé deux commentaires insultants vis à vis de ma religion.

Un message à ceux qui écrivent ce genre de choses : je ne discute pas avec ceux qui me manquent de respect. Si tu as quelque chose à dire, fais le dans le respect des personnes.
Je n’ai rien à dire aux imbéciles… Mais beaucoup de choses à partager même avec ceux qui n’ont pas les mêmes point de vue que moi.
Rester dans le respect de l’autre, ça peut être faisable pour tout être humain normalement constitué non?

Je continuerai donc à supprimer les commentaires m’outrageant…
Dommage… Liberté de parole qui s’amenuise… Quand les autres dépassent les bornes.

J’ai été taggée par mon amie Liza, qui tient le blog “Inst1maternel“. Très beau blog, plein de bonnes recettes, et de trucs et astuces à faire à la maison… sans oublier, l’apologie du maternage. Ma Liza, rencontrée à Toulouse un jour pluvieux… Mon rayon de soleil qui me manque tant dans le nord!!!

Je vous donne donc la règle du jeu du tagg “award”.
A ce que j’ai compris, ce tagg récompense les 6 blogs que nous préférons… Il faut donc mettre le lien de la personne qui nous a taggé (ayé, c’est fait).
Insérer dans un billet la photo du prix, et l’offrir à son tour à six personnes (ne pas oublier d’avertir ces personnes!!)
J’offre donc ce prix à :
AMELIE

TRUISS
ELO
CLEANETTTE
MANON
LAYANA

En plus de tout ça, je vous propose un petit jeu super sympa qui détend bien… Allez-y, défoulez vous sur votre BM!!!!!!!!!!

<!–

Requires Flash Player

<!–

Les évenements du moment nous font monter la pression. La colère nous envahit peu à peu, on ne nous comprend pas et on ne cherche pas à nous comprendre.

On nous dit prisonnières. Mais prisonnières de quoi? D’un habit? D’une valeur? Et au final, musulmanes niqabées (voile intégral) ou pas, musulmans ou non-musulman ne sommes-nous tous pas “prisonniers” de quelque chose?

C’est bien beau de vouloir revendiquer la liberté à tout prix, nous sommes tous “prisonniers” des limites que nous nous imposons.

Les athés seront prisonniers de leurs idées sur la non-existence de Dieu. Les pin-up seront prisonnières de leur image corporelle. Qui sont-ils donc pour décréter que les soeurs qui portent le voile intégral sont plus prisonnières que les autres? Qui sont-ils donc pour savoir ce qu’elles pensent derrière leur voile et les raisons qui les poussent à le porter? Depuis quand les choix personnels sont un outrage à la république?

Tout ça ne serait-ce pas qu’un tas de pipeau sous des allures “humanitaires” pour cacher cette peur, et ne pas montrer qu’ils sont impressionnés par ces femmes? Un homme, petit et ridicule aux allures de roquet bavant et aboyant, mais qui tremble de trouille devant des “fantômes”… ça ne va pas plus loin.

C’est la peur de notre communauté qui les pousse peu à peu à interdire les musulmanes de s’habiller comme elles le souhaitent.

Il y a d’abord eu la loi sur la laïcité à l’école. Les filles voilées ne pouvaient plus fréquenter un établissement scolaire vêtues comme elles le souhaitaient (en respectant leurs valeurs personnelles). Soit disant que l’école n’est pas le lieu pour. Je répondrais qu’il n’y a pas de lieu spécifique pour se respecter et respecter nos valeurs. Ils ont étendu leur ménace aux bibliothèques, au cinéma… pas encore en place, hamdoulillah. Souvenons-nous au temps de Hitler, et aux temps de tous les dictateurs ce qu’on supprimait en premier :  l’accès à l’instruction, à la culture, à l’information… Ils nous demandent de choisir entre notre religion et notre vie d’aujourd’hui.

Pourquoi celà ne pose aucun soucis dans d’autres pays? Pourquoi d’autres pays ne voient pas le niqab comme une atteinte à la république mais comme tel choix de tel personne?

Où est la liberté personnelle? On nous dit prisonnières mais on nous rend prisonnières d’idéaux qui ne sont pas les notres. Ils veulent tout arracher, former une société uniforme sur le même modèle. Qu’on soit tous vêtus pareil, qu’on pense tous pareil, qu’on est tous les mêmes idéaux, les mêmes combats.

Heureusement qu’il y a la diversité, heureusement qu’il y a des femmes niqabées, heureusement que nous sommes tous là. On ne peut pas forcer les gens à renier leurs convictions. On ne peut surement pas juger les femmes qui portent le niqab et les rassembler dans le même panier : “on les a forcé, on va les libérer”.

Les “français” ont déjà fait le coup, quand ils ont colonisé tant de pays et en imposant leurs valeurs. Aujourd’hui, “ils” veulent qu’on pense tous uniformément dans leurs pays.

Quelles solutions avons-nous? Certaines vont se mettre à porter le niqab par pure provocation… ce que je condamne haut et fort. Ce n’est pas un habit de provocation. Il est censé être porté par foi et conviction religieuse, pas autre chose.

Passer des chaînes de mail avec des pétitions en tout genre? Pourquoi pas… Je me demande juste si ces pétitions ont des valeurs fondamentales. Nous sommes libres, et nous devons le prouver. Libre de nos choix. Continuons à vivre. Que les femmes qui portent le niqab ne le retire sous aucun pretexte et continue à sortir librement.

Notre vengeance ne se mangera pas demain… Mais nous verrons bien au final qui seront les gagnants de cette bataille. Courage à toutes mes soeurs. Que Dieu nous donne la persévérance dans notre foi.

Pétition contre une nouvelle loi islamophobe

Un petit temps que je n’étais pas venu tapoter mon clavier sur mes blogs. C’est chose faite sur le blog de TM, je m’y mets ici tout doucement…
La vie sur Saint-Avold s’annonce plutôt paisible, même avec un troizans très expressif, et tout pleins de vie.

La maison raisonne bien de ces cries de joie, et de peines aussi… De ses frustrations plutôt difficiles à gérer pour moi…
Bref, un troizans, quoi… dans toute sa splendeur…
Il parle de mieux en mieux, nous fait des phrases complètes que l’on comprend bien. Il veut jouer avec son petit frère, et les séances de câlins sont au rendez-vous.

Elyess, je ne cesserai de m’étonner de ce bébé… Il est formidable, un bébé qu’une mère peut souhaiter… avec des nuits de 21h à 4h30 sans interruption… J’en reviens pas, j’ai cru que ces bébés-là n’existaient que dans les livres!!

Tout se passe à merveille avec lui. Je suis super comblée… J’en viens presque à culpabiliser de ne pas assez le porter la journée dans la maison… Il est tellement paisible couché, près de moi!!
Pourvu que ça dure!!!

On passe à côté comme si on ne les voit pas. On est gêné, mais ils sont là. Après être passé près des transparents visibles, les commentaires vont bons trains. Ce sont des fainéants, qui n’ont rien trouvé de plus simple à faire que de rester là, derrière leur petits écriteaux où leur misère est représentée par trente fautes d’orthographes.
On ferme les yeux, et surtout on se donne bonne conscience en se disant que si on donnait à chaque transparents visibles, on se retrouverait bientôt comme eux!
Ils n’ont qu’à travailler! N’ont-ils pas honte de nous faire honte?! Pourquoi ils ne se sont pas remué plus tôt? N’y sommes nous pas arrivés, nous? Alors pourquoi nous et pas eux?

C’est tellement de simple de juger… Tellement facile de fermer les yeux et de serrer dans son poing la pièce de 20 centimes qui traine dans la poche… Tellement plus agréable de ne pas se poser de questions et de continuer son chemin.

Mais plus sincérement, combien d’entre nous, en les voyant si souvent s’est posé la question : “qu’est ce qui l’a amené là? qu’est ce qui a bien pû lui arriver, pour renier jusqu’à sa dignité?”
Est-ce que les transparents visibles n’avaient pas une dignité quand ils étaient encore des gens à regarder? Pourquoi ils ont passé la barrière? Pourquoi c’est plus simple pour nous de fermer les yeux, plutôt que de leur tendre un sandwich, une bouteille d’eau, un sourire, de la reconnaissance.
Pourquoi s’arrêter à ne pas les voir, continuer nos discussions, alors que nous sommes gênés…
Faire semblant : ils sont là, mais ils n’existent pas…

Le désespoirs commence comme ça…
Imagine-toi, entourée, mais personne ne te parle. Les gens te voient, mais parlent à la personne derrière toi. Personne ne vient demander de tes nouvelles. Pourtant ton arrivée dans cette pièce a créée un froid, tu l’as ressenti… Ils font comme s’il n’y a rien… Mais tu ressens que c’est du pipeau… Et personne ne te parle. Tu es transparente, et tout le monde te voit…





Abd Allah a un instinct protecteur très développé, je trouve. Ce n’est pas la première grasse matinée entre frangins, et je sais que je peux les laisser dormir l’un à côté de l’autre sans que rien n’arrive, inch’ALLAH.
Un matin, alors qu’ils dormaient ensemble, Elyess se met soudain à pleurer. Le temps de venir voir ce qui se passe, et je trouve Abd Allah, en train de lui tapoter la poitrine comme j’ai l’habitude de faire quand il pleure. Le plus étonnant dans l’histoire c’est qu’Abd Allah était en pleins sommeil! J’ai essayé de lui parler, il ne me répondait pas. Il dormait vraiment. Un geste qui ne m’aurait pas étonné de la part du papa… Mais de la part d’un petit garçon de trois ans, celà m’a ému jusqu’aux larmes!

Trop… Trop de bonheur, trop de fierté.
Je ne peux pas oublier, et je ne peux pas m’empêcher de revivre dans l’imaginaire les dernières minutes avant l’arrivée d’Elyess.
Je n’arrive pas à mettre des mots dessus, simplement des images, des sensations encore tellement forte au fond de moi. Une seule et même question qui tourne dans ma tête… Comment réussir aussi bien pour le suivant?

Il y a des choses qui viennent spontanément, des gestes, des sensations… Et finalement, on a besoin de personne.
Il a suffit que je sente sa tête avec mes doigts pour savoir que je ne bougerai plus de chez moi. Que ça pouvait prendre le temps qu’il faudra mais que je ne pourrai plus sortir.
Je savais, grâce à J.T, que je pouvais prendre tout mon temps pour le faire sortir, que je n’avais pas besoin de pousser comme une forcenée, que ce moment était mon moment… Le dernier pour être trois avant de passer à quatre… C’était donc tout à fait légitime de prendre le temps dont j’avais besoin.
J’ai l’impression, avec le recul que j’ai bien pris ce temps. C’est comme si tout s’était arrêté, et que j’attendais un signal venant de moi-même qui me dise : “c’est maintenant, pousse…”
Pas de sage-femme, pas de machine, rien… Mon corps, mes sentiments et c’est tout. C’était le moment. Vers 2h40, si j’en crois mon intuition… J’ai su toute seule, comme toute les femmes savent toutes seules. Mais elles ont oublié qu’elles savent connaître les signes de leur corps.
C’est vrai, je m’en rends compte maintenant… Comment une femme extérieure, même spectatrice du grand moment qui se déroule devant ses yeux peut savoir mieux que l’accouchée que c’est le bon moment pour elle?

Alors, ce fut à ce moment-là que le bon moment est arrivé. Et c’est là que tout se brouille… Elyess est arrivé si vite, si vite… Que j’ai oublié presque comment je l’ai rattrapé, ce que j’ai regardé, ce que j’ai fait. J’ai juste vu un bébé, une tête noire chevelue, un petit ange au creux de mes mains. J’ai juste entendu tout de suite ses petits pleurs plaintifs, et une belle couleur rose sur ses joues.

Ses pleurs… pendant une bonne partie du neuvième mois, j’imaginais que la plus belle chose pendant l’accouchement c’est l’arrivée de ce bébé qui pleure. Imaginez, la maison est d’abord calme, le grand frère dort profondément, ainsi que mon mari. Puis c’est la tempête en moi… Et j’amène la tempête avec moi dans ma maison par mes plaintes qui me soulagent. Et puis c’est à nouveau le calme, brisé par une nouvelle voix. La quatrième de la famille. Et cette voix est magique.
La chaleur de son petit corps entre mes mains ou sur ma poitrine pour l’allaiter. Mes doigts qui passent dans sa bouche pour vérifier qu’il n’y a rien qui l’empêche d’avaler. Les mains de mon mari qui coupe le cordon et porte le bébé contre lui. La voix de mon mari qui récite l’appel à la prière dans l’oreille de mon fils, il n’a que quelques secondes, même pas une minute. C’est magique, c’est tout simplement du bonheur à l’état naturel… Qu’imaginer de plus?

On veut faire toujours mieux, aller toujours plus haut… Pouvais-je à un seul moment espérer que Dieu me donne autant que cela?
Je ne peux pas tourner la page de cet accouchement magique. J’aimerai le revivre à l’infini, mais ce n’est pas une chose possible… Et j’ai encore tellement à découvrir avec Elyess et Abdou en grand frère de plus en plus attentionné…
Comblée, comblée et tellement fière…


(petit jeu : c’est quoi que cette photo?? alors? vous savez??)